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LE DOLMEN SUBMERGÉ DE KERROYAL

EN PLOUGOUMELEN

Gaby Le Cam

SAHPL

Le dolmen de Kerroyal - Photo datant de 1910

L'accès, bien que difficile, était encore possible à marée basse

 

            Ce dolmen de Kerroyal est peu connu pour une raison toute simple c’est qu’il est totalement inaccessible, au milieu d’une vasière et recouvert par les marées deux fois par jour, la base se trouve à environ 2 m au-dessus du niveau moyen des mers actuelles. Il est situé non loin du chenal de la rivière du Bono, à 400 m au sud de l’ancienne minoterie de Pont-Sal et au sud-ouest du village de Kerroyal. L’épaisseur de la vase est devenue telle que c’est un réel danger que d’essayer d’approcher du site (votre serviteur peut en témoigner).

            Zacharie Le Rouzic, accompagné du Commandant Devoir de Brest venu faire des relevés, a pu examiner ce site mégalithique en 1908, il fait état déjà des énormes difficultés rencontrées pour y accéder. Voilà encore une constatation de la remontée du niveau de la mer.

 Il s’agit d’un dolmen à galerie formé de 18 supports et d’une seule table, appelé Roh-Vilen (roche jaune) du nom du lichen qui recouvre la dalle de couverture. L’entrée se situe à l’est-sud-est, un cabinet latéral est situé sur le côté nord de la chambre. Le monument fait 8m de long dont 3,80 de chambre et 4,20 m pour le couloir, la largeur varie de 2,60 à 3 m et 0,90 m pour la galerie. Le cabinet latéral mesure 1,55 de long sur 1,18 de largeur.

 

Dolmen Kerroyal submerg-PlanPlan du domen

 

                Le dolmen avait déjà été fouillé à une époque lointaine, sans doute lords de la présence romaine, les pierres plates du dallage avaient été soulevées et posées contre les supports de la chambre, déjà l’œuvre des éternels fouilleurs clandestins persuadés de trouver de fabuleux trésors.      

A 80 m au nord-ouest il y avait, sous un amoncellement de pierres, un deuxième monument affleurant la vase, recouvert d’algues marine, composé d’une table et de quatre supports, l’ensemble très dégradé.

            Lors des fouilles effectuées par Le Rouzic il fallu dans un premier temps évacuer les couches de vase et d’algues accumulées au fil du temps et qui atteignaient une épaisseur de 0,40 m, tout en surveillant les marées afin de ne pas se trouver isolé. Le mobilier retrouvé, peu important, se composait d’un vase pratiquement complet en terre brune à fond plat et à rebord droit d’une hauteur de 0,19 m et d’un diamètre de 0,15 m, de deux éclats de silex et de gros fragments de bois carbonisés.

Ces objets font partie des collections du Musée de Carnac.

            Le dolmen de Kerroyal n’est pas un grand monument mégalithique mais il rejoint par son implantation tous ces autres sites victimes de la remontée des eaux depuis leur construction à l’époque du Néolithique : l’allée couverte de la baie de Kernic en Plouescat (Finistère), celle de l’Ile de Coalen Lanmodez dans les Côtes d’Armor, l’enceinte d’Er-Lannic dans le golfe du Morbihan, les menhirs de Penglaouic à Loctudy celui de Lechiagat, Me er Mere à Locmariaquer pour n’en citer que quelques-uns parmi beaucoup d’autres…

Bibliographie

Zacharie Le Rouzic, Rapport de fouilles, bulletin de la Société Polymathique, 1910

                                 Inventaire des monuments mégalithiques de la région de Carnac, 1965

Pierre-Roland Giot, La Bretagne des mégalithes, Éditons Ouest France, 1995

 

NB - La photo illustrant cet article a été colorisée par l'auteur

           

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